Mobiliser les entreprises au Maroc contre les agressions faites aux femmes dans les transports
Description
L’agression sexuelle d’une jeune fille dans un bus de Casablanca au mois d’aout a suscité de multiples réactions aussi bien sur les réseaux sociaux que dans l’ensemble des médias marocains et internationaux. Ce qui est terrible est que cette situation de violence n’est pas nouvelle. Tous les rapports qui traitent de la condition des femmes au Maroc évoquent les violences qu’elles subissent aussi bien dans l’espace public que dans la sphère domestique (rapport du Haut Commissariat au Plan , CNDH, Banque mondiale…).
Des femmes se sont exprimées très légitimement dans les médias. Mais les hommes sont restés globalement plutôt discrets.
Mais comment peuvent ils accepter que leur épouse, leur fille, leur mère, leur collègue, leur proche soit traitée d’une manière aussi violente, humiliante dans une impunité qu’autorise ou que tolère les différentes institutions publiques, privées et religieuses ?
Le Maroc paie d’un prix très élevé cette violence vis à vis des femmes :
- Retrait des femmes du marché du travail marocain (le pays a l’un des taux d’activité féminin le plus faible de la planète avec un recul ces dernières années
- Pollution des grandes villes marocaines car les femmes qui peuvent se le permettre investissent toutes dans un transport individuel
- Sentiment de discrimination et d’injustice croissant entre catégories sociales avec un risque majeur de rupture de cohésion du pays (rapport du BIT)
Si les autorités publiques, notamment les institutions judiciaires et policières ont été interpellées, les signataires de cet appel souhaitent que les entreprises prennent leur part de responsabilité pour permettre aux femmes de trouver leur place sur le marché du travail et plus largement dans l’espace public.
Aujourd’hui que font les entreprises au Maroc pour prévenir ces agressions physiques et verbales quasiment quotidiennes qui concernent leurs femmes employées quand elles doivent se rendre chaque jour sur leur lieu de travail ?
Quelle est la politique mise en œuvre par les entreprises qui se disent socialement responsables car bénéficiaires du label RSE de la CGEM ?
Quels sont les engagements des entreprises au quotidien qui disent ne pas faire de discrimination car ayant signé des engagements nationaux (Charte de la diversité) ou internationaux (Pacte mondial de l’ONU, charte éthique, WEP’s)?
Ont elles conscience des difficultés que peuvent rencontrer leurs employées, et ce à tous les niveaux de responsabilités, notamment pour celles qui ne peuvent disposer de leur propre voiture personnelle ?
Il ne peut y avoir de solution toute faite. Il appartient aux entreprises de s’interroger, d’en débattre avec leur personnel, d’engager le dialogue social avec les syndicats de travailleurs.
Comme la question de la garde des enfants, le dialogue social pourrait prendre une dimension beaucoup plus opérationnelle, qui soit en phase avec les préoccupations quotidiennes de ceux et celles qui travaillent au Maroc mais plus largement qui y vivent.
C’est un sujet pour lequel tout le monde a à gagner :
- en premier lieu les femmes,
- mais aussi les hommes qui ne supportent plus cette culture du machisme et qui aspirent à une société marocaine plus pacifique,
ou chaque être humain serait regardé pour ce qu’il est et non en fonction de sa tenue vestimentaire, de son sexe, de son apparence, ou de sa catégorie sociale.
Commentaires